StratAdviser contributeur au séminaire de l’ISCC “Communication en Catastrophe”

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Le Dr Jan-Cedric Hansen, à la demande du Professeur Jacques Perriault, interviendra lors de la première séance du séminaire “Communication en Catastrophe” qui se déroulera à l’Institut des sciences de la communication (ISCC 20 rue Berbier-du-Mets 75013 Paris) sur le thème :

Phénomènes de déréalisation et de dépersonnalisation :
Leur rôle dans la création de situations catastrophiques
Mardi 23 juin 2015 de 15h à 18h
Dr Jan-Cedric Hansen, Directeur des programmes de développement professionnel continu de la Société française de médecine de catastrophe, Co-pilote du programme de simulation “Icrisis” (partenariat StratAdviser/MinesNancy), Médecin coordonnateur des activités médico-sociales, Centre hospitalier de Pacy-sur-Eure.
Raymond H. A. Carter, Retraité Colonel de la Gendarmerie nationale, Docteur en droit public et docteur en droit pénal international, Expert auprès de la Commission européenne.

Ce séminaire propose une réflexion sur l’information et la communication dans un milieu désorganisé, ici par une catastrophe telle que séisme, inondation ou encore les explosions et leurs conséquences. Il fait suite aux deux journées d’étude sur cette question qui se sont tenues à l’ISCC, les 16 et 17 décembre 2014. La réflexion sur cette thématique en est encore à ses débuts, pour deux raisons principales. La première est que l’information et la communication n’y ont été que peu traitées en tant que telles, alors qu’elles peuvent fournir des apports conceptuels et opératoires, utiles dans leurs dimensions humaines et symboliques notamment. La seconde est qu’il y a identification de ces notions avec les réseaux et la technologie en général, et Internet en particulier. Même si le Web a une utilité indéniable, il ne permet pas de traiter des systèmes de croyance et d’opinion, la rumeur notamment. Il s’agit de réfléchir en termes de panoplie d’instruments pour informer et communiquer, sans exclure des moyens robustes et traditionnels tels que la discussion avec des spécialistes ou encore le fléchage par pancartes. Il ne faudrait pas en effet que, sous couvert de modernité, des victimes soient désemparées parce que les réseaux ne fonctionnent plus et qu’elles n’aient pas l’idée de substitutions possibles. On trouve ici l’utilité d’une approche culturelle de la catastrophe.

Les comportements et les pratiques communicationnels des victimes sur les sites dévastés sont peu répertoriés et les initiatives qu’ils prennent présentent de grosses difficultés de réception, de traitement et de réactions (voir, par exemple, la difficulté de traitement des tweets [1]). On s’attachera à discerner dans les situations de terrain présentées ce qui relève de l’information et ce qui relève de la communication. On accordera une attention particulière aux phénomènes de déréalisation et de dépersonnalisation qui résultent de situations à très forts stress durable, situations qui peuvent conduire ceux qui en souffrent à engendrer des catastrophes.

Une dimension « logique de l’usage » est à introduire dans les problématiques : par nécessité, les utilisateurs modifient la fonction d’un artefact pour l’adapter à un projet pour lequel ils n’ont pas l’outil adéquat et lui attribuent une fonctionnalité différente de sa destination première. De même, la formation préventive au comportement sécuritaire est à retenir en priorité. Imaginer, par exemple, un cursus de formation à la survie en catastrophe implique des notions de localisation du danger, de mesures d’urgence, d’outils adaptés.

La notion de culture de la catastrophe est encore hypothétique mais utile pour que les populations sachent réagir avec plus de discernement et d’expertise au danger auquel elles sont exposées. Il paraît indispensable d’associer à cette réflexion des opérationnels de l’aide aux victimes, des industriels des technologies de communication, mais aussi des anthropologues et des sémiologues.

Une première question que traitera le séminaire concernera un état des lieux des pratiques et théories existantes ainsi que le recensement des opérateurs, publics, privés, ONG, etc., qui considèrent les techniques et les pratiques d’information et de communication comme moyens de gestion de catastrophe et de résilience. Une attention particulière sera accordée aux initiatives prises sur le terrain. En corollaire, on s’interrogera sur le rôle d’une plateforme qui recenserait ces initiatives innovantes.

Une seconde interrogation portera sur les comportements et pratiques des victimes, plus spécialement sous l’angle de l’information et de la communication, sociale et technologique. Les pratiques de « bricolage informationnel » sur les sites dévastés sont mal connues. Pour les comprendre, une dimension de logique de l’usage est à introduire dans les problématiques. Une dimension « logique de l’usage » est à introduire dans les problématiques : par nécessité, les utilisateurs modifient la fonction d’un artefact pour l’adapter à un projet pour lequel ils n’ont pas l’outil adéquat et lui attribuent une fonctionnalité différente de sa destination première : détournement d’usage, substitution d’un outil à un autre sont des cas fréquents. Le séminaire consacrera une séance à la construction des abris d’urgence et aux considérations sur le survivre ensemble qui les sous-tend. La dimension psychologique et sociocognitive revêt une grande importance. Sont à considérer des phénomènes induits par la désorganisation du milieu de vie tels que la perte de sens (ruine des repères de temps et d’espace, des repères conceptuels, etc.), la quête de sens (rumeur, mythe, etc.) ainsi que reconstruction d’un sens autre (résilience, névrose post-traumatique, emprise sectaire, etc.).

Une troisième interrogation concernera la relation qu’entretiennent les victimes avec les organes officiels tels que les unités d’intervention, les collectivités territoriales, le secteur associatif et médical de l’assistance et les médias. Le séminaire se propose d’associer étroitement à la réflexion des représentants de ces milieux de façon à l’enrichir des problèmes de communication qu’ils ont rencontrés, tels que difficultés des échanges, diversité des représentations et des imaginaires de référence.

Le séminaire comportera quatre sessions qui se tiendront à l’ISCC.

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