Les agences de Stratégie et de Communications Santé : les grands oubliés des assises du Médicament.

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Le ministre a souhaité que les assises « construisent une vision stratégique nationale de la politique des produits de santé, qui devra être également portée au niveau Européen ». L’analyse des participants aux assises ne révèle qu’un seul spécialiste de la stratégie de niveau national le Dr Zambrowski et aucun représentant des spécialistes Européen de la stratégie marketing santé à l’image du Dr Hansen responsable des Stratégies Médicales Internationale chez StratAdviser Ltd. Dans le même esprit les agences de communication santé qui par leur savoir faire contribuent à l’information des 70 000 médecins prescripteurs français, ne sont pas représentées. Elles sont pourtant toutes animées par des médecins et pharmaciens qui de surcroit maitrisent les arcanes de la communication. Pourtant ce sont bien les agences de consultants en stratégie et les agences de communications qui élaborent et réalisent pour le compte des acteurs du médicament institutionnels et privés la promotion des spécialités pharmaceutiques et des dispositifs médicaux.

Il est très intéressant de noter d’ailleurs que le laboratoire Servier, responsable de ce que tout le monde désigne par « le scandale du Médiator » se refuse la plupart du temps à faire appel aux professionnels de la stratégie de communication tels que StratAdviser Ltd car de tels professionnels n’auraient en aucun cas cautionné une pratique consistant à inciter les médecins à prescrire de manière courante en « Hors AMM ».

Rappelons que toute information destinée à la promotion des produits de santé doit être fiable et vérifiable, que toutes données doit être référencée et que les études cliniques citées doivent dater de moins de 5 ans. Les agences de Stratégie et de Communications Santé telles que StratAdviser Ltd s’imposent ce cahier des charges simple pour chaque proposition qu’elles font à leurs clients. Il est regrettable que cela ne soit pas pris en compte car c’est la démonstration qu’il est possible de faire de la promotion tout en étant éthique. D’ailleurs, la revue Prescrire – qui en son temps avait commenté de manière bienveillante le livre du Dr Hansen sur les Agences de Communications dans lequel il posait les bases d’une approche éthique de la promotion des produits de santé – si elle pointe régulièrement les manquements et les dérapages qu’elle constate, ne met jamais en cause les agences de Stratégie et de Communications Santé.

Dès lors on ne comprend pas pourquoi, alors que le ministre à précisé que « la participation de l’ensemble des acteurs du monde de la santé aux réflexions des assises est essentielle », les de Stratégie et de Communications Santé n’ont pas été associée à cette initiative. Du reste elles ne sont pas les seules car les réseaux de visite médicale – eux victimes directes des conclusions des assises – n’ont pas été conviés à partager leur expertise et leur vision de la promotion des produits de santé.

Exclure les agences de Stratégie et de Communications Santé a conduit à passer à coté de glissement sémantique en partie induit par le traitement de l’information tel que la revue Prescrire le pratique. En effet, il est souvent reproché à certains médicaments leur “insuffisance” en la matière qui dans le contexte actuel laisse entendre qu’ils sont “inutiles”, voire “dangereux”. La revue Prescrire met souvent en avant la faiblesse du « service médical rendu » ou de « l’amélioration du service médical rendu » d’un médicament donné pour justifier sa prise de position négative.

Il faut rappeler que ces deux systèmes « service médical rendu » et « l’amélioration du service médical rendu » ont été élaborés pour déterminer l’intérêt à rembourser un médicament et à quel taux. Ce sont donc des outils de maitrise des dépenses de santé et non des outils d’évaluation scientifique de la pertinence d’un médicament ou de son/ses indication(s).

L’appréciation de ces deux systèmes se fait sur un raisonnement de base extrêmement simple. Tout médicament pour lequel est sollicité un remboursement qui ne démontre pas une supériorité manifeste par rapport à un référentiel choisi par l’évaluateur n’apporte pas d’amélioration du service médical et donc ne peut prétendre à un remboursement supérieur. De plus, il est pris en compte le type de situation clinique concernée : maladie prioritaire sur le plan de la santé publique ou situation clinique plus proche de l’inconfort que d’une véritable pathologie.

Ne pas démontrer d’amélioration du service médical rendu n’est donc ni la preuve d’une inefficacité ni la démonstration d’une inutilité comme on peut le lire ça ou là. C’est à contrario la preuve que le médicament en question est aussi efficace que les autres déjà disponible. Il a donc toute sa place dans l’arsenal thérapeutique des médecins. En effet, tous les patients ne réagissent pas de la même manière à un médicament donné. Certains répondent parfaitement d’autres non, certains développent des effets indésirables d’autres non. Il n’est pas possible, ou rarement à l’heure actuelle, de prédire à l’avance qui répondra ou qui développera des effets indésirables. C’est pourquoi il est très utile d’avoir des alternatives thérapeutiques. Ces mêmes alternatives aussi efficaces qui, donc, n’apportent pas “d’amélioration du service médical rendu” mais néanmoins qui apportent une efficacité thérapeutique bienvenue pour les patients qui en bénéficient.

En fait, la dangerosité d’un médicament correctement prescrit (c’est-à-dire en respectant les contre-indications) s’apprécie par son index thérapeutique. C’est le rapport qui exprime la distance entre la dose thérapeutique (celle qui soigne) et la dose toxique (celle qui rend encore plus malade voire qui tue) d’un médicament donné. Lorsque l’on parle de dangerosité, de risque pour les patients, c’est à cet index qu’il faut se référer. Or, en général, cet index ne fait l’objet d’aucun commentaire. Il est intéressant de noter que le groupe n°1 des assises insiste sur le fait que le rapport bénéfice/risque – avatar de l’index thérapeutique – constitue « une notion à objectiver ».

Les contributions des agences de Stratégie et de Communications Santé n’auraient pas manqué d’aborder ces questions tout comme elles auraient démontré comment, à travers l’ensemble des stratégies et des outils qu’elles conçoivent au profit de la promotion des produits de santé de leur clients, elles contribuent au développement du bon usage et d’une prescription responsable.

Dans ses mesures phares, le ministre précise lui-même qu’en ce qui concerne le portail public du médicament – qui devra regrouper les informations à la fois de l’ANSM, de la HAS et de l’Assurance maladie – destiné à devenir la référence en matière d’information sur le médicament, aussi bien pour les professionnels de santé que pour le public, « l’enjeu sera de rendre ce site visible, lisible et compréhensible ». Il ajoute qu’il faudra « réaliser des campagnes d’information sur la thématique du médicament, ses caractéristiques, ses risques et surtout son bon usage ». Cela implique que ce seront les agences de Stratégie et de Communications Santé telles que StratAdviser Ltd qui seront chargée de concevoir la stratégie adaptée et sa déclinaison tactique pour garantir que le public aura connaissance de l’existence « d’une information publique, indépendante et de qualité ». C’est bien in fine une reconnaissance implicite de leur expertise qui rend encore plus incompréhensible leur absence des débats initiaux.

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